De la raison dans notre blé : la démarche CRC

9 juillet 2018

La filière CRC est unique en France. Le travail qu’elle entreprend avec les agriculteurs sur le blé fait exemple. Pas bio, pas label rouge, mais une démarche résolument centrée sur une organisation raisonnable entre respect de l’environnement et de la santé des consommateurs. Nous avons rencontré M. Marc Bonnet, récemment arrivé à la tête du GIE CRC, afin qu’il nous présente la démarche.

NAISSANCE EN 1989

Le CRC (Culture Raisonnée Contrôlée) est né en 1989 lorsqu’une coopérative bourguignonne produit du blé à la demande d’acheteurs étrangers et français pour faire de la nourriture pour bébés en respectant des normes drastiques. Un cahier des charges est ensuite rédigé et proposé aux industriels et aux artisans. La démarche est vraiment née en 1999, avec le premier cahier des charges reconnu par le ministère de l’agriculture.

LA FILIÈRE CRC, QU’EST CE QUE C’EST ?

Le CRC travaille de manière sectorielle sur la filière blé ce qui permet un engagement véritable sur les résultats. Les agriculteurs et producteurs CRC s’engagent à respecter un cahier des charges public. L’obligation de moyen porte sur les pratiques de culture qui doivent être reconnues favorables à la biodiversité par la certification conformité produit. Par ailleurs les blés CRC ont la norme la plus basse sur les résidus de pesticides. Les champs doivent être à plus de 250 m de toute source de pollution (anciennes décharges, usines, routes avec plus de 5000 véhicules/jour). En clair le CRC prend les engagements suivants :

    • Des pratiques favorables à la biodiversité ;
    • Pas d’insecticides de stockage ;
    • Une traçabilité jusqu’à expédition des produits.

Ceci avec une obligation de résultat et un contrôle sur chaque maillon de la lière : agriculteur, organisme de stockage, meunier, industriel et distributeur.

UN TRAVAIL MAIN DANS LA MAIN AVEC LES AGRICULTEURS

Aujourd’hui 2200 agriculteurs répartis sur toute la France suivent la démarche CRC par conviction. La motivation des agriculteurs repose avant tout sur le bon sens et le respect de la biodiversité dans leur travail. Les oiseaux qui survivent et la faune qui est de plus en plus nombreuse sont des sources de joie au quotidien dans leur travail. On peut alors parler de bénéfice moral et de fierté. La démarche ne cesse de séduire et cela se traduit pas une augmentation du nombre d’adhérents années après années.

Par ailleurs, c’est une grande satisfaction pour les agriculteurs de savoir où vont leurs grains et comment ils sont transformés jusqu’au produit fini.

Les blés meuniers CRC représentent aujourd’hui 8% de la production française.

UN BLÉ ROBUSTE

Ce sont 20 millions de tonnes de blé qui sont produites chaque année en France. 10 partent
à l’export, 10 autres restent en France parmi lesquelles 5 sont transformées pour les animaux et 5 en farine.

Les variétés sélectionnées par le CRC doivent être robustes pour que le blé ait le maximum de résistance naturelle notamment aux maladies fongiques pour limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. Les variétés diffèrent en fonction du territoire.

Concernant les produits phytos utilisés par les agriculteurs, ils doivent figurer sur une liste positive établie par le CRC et qui exclue parfois les produits phytos autorisés sur le marché.

ET L’AVENIR ?

Le parti pris de la filière n’est pas d’être en opposition au bio ou au conventionnel. Il s’agit plutôt d’une 3ème voie dans laquelle la filière affiche ses obligations de moyens et de résultats. Pas de militantisme au CRC, mais de profondes convictions. La démarche va s’élargir à l’épeautre et à l’avoine.

Lorsqu’on prend connaissance de cette démarche il est vrai qu’on se demande pourquoi elle ne serait pas généralisée dans l’agriculture. Qu’attend-on pour prioriser le raisonnable dans notre façon de produire ?

Marc Bonnet conclue notre rencontre ainsi : « Quand on est convaincu que quelque chose est bien, il faut en faire profiter le maximum de personnes ! »

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